Jean Daniel Burckhardt, Radio Judaïca (Strasbourg), 26 novembre 2025.

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Jean Daniel Burckhardt, Radio Judaïca (Strasbourg), 26 novembre 2025.

Titre de l’EP : La Nuit de l’Âme selon Jean de la Croix (Believe / Laurent Balandras pour Balandras Éditions, Paris).

1. La Perte de la Foi (feat. Enge Helmstetter).

La rythmique métal d’Eric est bien rock et Enge surfe dessus plus jazz ! Rien que pour ça les festivals de métal chrétien devraient les prendre ! La perte de la foi remplacée par un côté sombre, la rythmique, et la foi (la seconde guitare soliste) qui s’envole loin de lui !

 

2. Le Vacillement (feat. Paul Barbieri).

Plus calme et vacillant sous un vent numérique où des cris de loups que devient le monde et les autres sans Dieu et donc sans raison universelle de les aimer, sans rédemption ni grâce, sans miracle ! Là on rejoint Pink Floyd ! Un peu « Shine on you Crazy Diamond » ou « Time » ! Le fait que l’album soit instrumental (alors qu’Eric fût un des fondateurs des Weepers Circus et était encore récitant dans ses précédents disques) ajoute peut-être une liberté d’interprétation, chacun(e), croyant(e) ou non pourra voir ses propres émotions se refléter librement dans les siennes ! Finalement les cris de loup étaient la trompette aspirée de Paul Barbieri ! Trompette au grain modifié par les intentions ou les effets, entre Truffaz et Molvaer, ou même Arve Henriksen, un son vivant plongeant dans les abysses du doute !

 

3. L’Absence (feat. Paul Barbieri).

Est juste évoquée dans ce titre court par une rythmique métal lente de la guitare, raclant le sol de la terre noire =désolée et spirituellement infertile du seul réel sans transcendance aucune et le cri de la trompette appelant un ciel vide dont ne viendra plus aucun secours puisque Dieu en est désormais absent !

 

4. La Désolation (feat. Paul Barbieri).

Est ce qui reste sans Dieu, le manque, ce que devient le monde sans son espoir, sa transcendance, sa grâce, sa rédemption pouvant sauver moralement même le pire d’entre nous ou nous-mêmes, sans ses miracles, réduit à la seule création naturelle et les animaux, dont il ne serait plus l’auteur, devenant, de miraculeuse, absurde et sans but, et les humains qui depuis bien longtemps aggravent la destruction de ladite création pour leur seul profit ! Même comme garde-fou(s) salutaire, comme conscience morale supérieure et consolatrice ou pouvant rattraper leurs erreurs, Dieu n’est plus.

 

5. L’Obscurité (feat. François Hoernel).

Sans Dieu plus de lumière, ne reste que l’obscurité hantée par cette guitare lente rappelant le tempo lent mais la course des « Chariots de Feu » de Vangelis et ce clavier de François Hoernel, complice de la chanteuse Carole Boyer, un peu à la Keith Jarrett ! Mais on ne perd la foi que pour mieux la retrouver.

 

6. Le Retour à la Lumière (feat. François Hoernel).

Et la guitare et le clavier reprennent espoir et vie entre jazz et électro en direction de la lumière du jour après la nuit vaincue !

Eric Kaija Guerrier nous livre ici son album instrumental le plus profond et émouvant, concept album mystique d’un passage de l’obscurité à la lumière !

Jean Daniel Burkhardt.